David Lewis (1907-1981) a laissé une marque indélébile dans la vie politique canadienne. En effet, il fut l’architecte principal de la Fédération du Commonwealth coopératif (FCC), une organisation sociale et démocratique canadienne, ainsi que du successeur de cette fédération, le Nouveau parti démocratique (NPD).
Lewis tient son engagement politique de son père, Moishe Lewis, qui dirigea le Bund local (un parti socialiste juif) dans la bourgade de Svisloch, dans l’actuelle Biélorussie. Après avoir immigré à Montréal en 1921, Lewis a travaillé dans l’usine de vêtements de son oncle, tout en apprenant l’anglais de façon autodidacte durant ses pauses à l’école et au travail.
À l’Université McGill, Lewis était recherché en tant que polémiste habile ainsi qu’en tant qu’écrivain. De plus, il fut l’un des premiers étudiants juifs à recevoir la bourse Rhodes. Après avoir terminé des études postsecondaires à l’Université Oxford, il s’inspira du Labour Party de la Grande-Bretagne et retourna chez lui, où il implanta une version canadienne de la démocratie sociale. La vision audacieuse de Lewis se manifesta lors d’une entrevue de contrôle avec Sir Edward Beatty, le président du chemin de fer Canadien Pacifique (CP). Lorsqu’on lui demanda quelle serait sa première action s’il était élu Premier ministre, Lewis répondit d’emblée : « Je nationaliserais le Canadien Pacifique ».
En 1935, Lewis refusa une invitation à travailler au Parlement britannique, et il obtint plutôt un diplôme de droit à Ottawa, où il devint le secrétaire national de la Fédération du Commonwealth coopératif (FCC) (1936-1950). Sa carrière politique retint l’attention en 1943, lorsqu’il perdit face à son rival communiste Fred Rose, du Parti progressiste ouvrier, dans la circonscription électorale de Cartier située à Montréal.
Le travail de Lewis visant à faire avancer la cause sociale-démocrate au Canada mena à sa correspondance avec des dirigeants politiques et des directeurs de syndicats impliqués dans les luttes de grève à Montréal. Un critique redoutable du communisme, Lewis s’appuya sur sa brève expérience en tant qu’avocat spécialisé dans les relations de travail pour encourager les membres des syndicats à s’investir dans la démocratie sociale. Son ouvrage Make This Your Canada: A Review of C.C.F. History and Policy (1943) [Un Canada sur mesure: Une revue de l’histoire et de la politique du F. C. C] fut une histoire populaire très surprenante des affirmations politiques de son parti, qui militait pour le contrôle de l’économie par l’État.
Estimé plus « controversé » que son prédécesseur Tommy Douglas, Lewis remporta finalement un siège au Parlement en 1962-1963, puis de nouveau en 1965-1974 dans la circonscription York South à Toronto, malgré des difficultés à convaincre les Juifs aisés de ce quartier qu’un athéiste qui n’était pas un sioniste et qui avait des penchants socialistes allait bien les représenter au Parlement. Son engagement envers le mandat socialiste de la FCC favorisa l’émergence de son successeur, le Nouveau Parti démocratique (NPD), en 1961 ; une décennie plus tard, Lewis lui-même se trouvait à la tête du parti. Le seul Juif à diriger un parti national au Canada, Lewis fit campagne contre les « compagnies soutenues par des fonds publics » et il facilita le vote de lois soutenant le logement social. Après avoir perdu les élections de 1974, David Lewis devint un correspondant de voyage et un professeur à Ottawa, où il mourut en 1981.
Par Marian Pinsky, traduit par Chantal Ringuet.
Pictures
Address
Interactive map at coordinates 45.5191827, -73.5859947. Open this location in Google Maps (opens in a new tab) .
Related Exhibits & Stories
Other Exhibits
- David Lewis – Résidence (1935-1935)
- David Lewis – Résidence (1925-1927)
- David Lewis – Residence (1921-1924)

