Rebbe Meshulim Feish Lowy (1921-), aussi appelé le « Tosher rebbe », est né dans la ville de Tosh (Nyírtass) en Hongrie. Le descendant d’une grande lignée de rabbins hassidiques, il est le petit-fils du fondateur de la secte hassidique Tosher. Aujourd’hui, il est le grand rabbin de cette communauté établie à Boisbriand, en banlieue de Montréal. Les Tosher sont les seuls hassidiques dont le siège rabbinique se trouve à Montréal. Après avoir survécu à la Shoah, le Tosher rebbe décida d’émigrer au Canada en 1951 avec quelques fidèles. D’abord établis dans le quartier Mile-End à Montréal, ceux-ci ont contracté en 1963 un prêt du gouvernement fédéral leur permettant de s’installer à l’extérieur de la ville, à Boisbriand. À ce jour, ils forment le seul groupe hassidique établi à l’extérieur de la communauté urbaine. Ils agissent ainsi dans le but d’échapper aux influences extérieures omniprésentes en ville : les Tosher se tiennent en effet très à l’écart de la société séculaire moderne.
Le rebbe a acquis une très grande notoriété chez les hassidiques du monde entier grâce à son âge avancé, à l’isolement réussi de sa communauté et parce qu’il est un des derniers rabbins hassidiques nés en Europe durant l’entre-deux-guerres. Il est aussi considéré comme un tsadik (un homme vertueux qui détient la vérité) ; à ce titre, il reçoit des visiteurs à la recherche de ses avis et conseils provenant de l’ensemble de Amérique du Nord. Au sein de la communauté de Boisbriand, le Tosher rebbe est à la fois un leader spirituel et une figure d’autorité qui se soucie des affaires courantes dans sa communauté.
C’est en 1979 que les Tosher de Boisbriand se sont fait connaître dans l’ensemble de la société québécoise. À cette période, ils ont tenté d’obtenir le statut de municipalité indépendante pour leur communauté, un statut qui leur aurait permis d’appliquer leurs lois religieuses dans le cadre de la vie municipale. Malgré l’appui initial du gouvernement du Québec, l’intervention des médias et de l’opinion publique mit un terme à ce projet, qui fut alors qualifié de tentative de « ghettoïsation ». Les Tosher ont ensuite fait la couverture des journaux avant le référendum de 1995, lorsqu’ils ont déclaré qu’ils appuyaient la séparation du Québec, une position qui s’opposait à celle de l’ensemble de la communauté juive québécoise. Aujourd’hui, la communauté des Tosher continue de se développer.
Par Valérie Beauchemin.
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