Au début du XXe siècle, les Juifs de Montréal étaient exclus de certains clubs sociaux. Cette situation les a incités à créer leurs propres institutions, le Young Men’s et le Young Women’s Hebrew Associations. À l’origine des institutions séparées, celles-ci ont fusionné en 1950. Aujourd’hui, le «Y» juif, un lieu de rencontre communautaire, existe depuis plus de cent ans. L’organisme offre des services récréatif, culturel et éducatifs à la population.
Un reflet du Young Men’s Christian Associations, alors un organisme réservé aux chrétiens, le premier «Y» juif a ouvert ses portes à Baltimore en 1854. Rapidement, des sections de l’organisme ont été créées à divers endroits en Amérique du Nord. C’est à la suite d’une rencontre survenue en 1908 du Disraeli Conservative Political Club, que furent jetées les bases du Young Men’s Hebrew Association (YMHA) dans la ville deux ans plus tard. Le mandat de l’institution consistait alors à veiller « au développement physique, mental et moral des jeunes hommes ». En 1912, période où le nombre d’adhésions était en forte croissance, le YMHA montréalais devint le deuxième «Y» juif le plus important en Amérique du Nord, après le «Y» bien connu de la 92e rue à New York.
En raison d’un nombre d’adhésions sans cesse croissant et de l’ajout de certains services, l’institution déménagea durant les années 1920. Elle quitta l’édifice de l’Institut Baron de Hirsch pour être relogée dans un nouveau centre situé dans l’avenue Mont-Royal, près de l’avenue du Parc. Avec l’encouragement de Solomon Kellert, le président honoraire du «Y», le philanthrope Sir Mortimer B. Davis finança la construction du nouvel édifice situé juste en face de Fletcher’s Field (aujourd’hui le parc Jeanne-Mance). En 1929, le «Y» Davis devint une institution communautaire plutôt qu’un club privé.
En 1913, la Young Women’s Hebrew Association (YWHA), connue jusqu’en 1919 sous le nom de Friendly League of Jewish Women, mit sur pied un club d’accueil pour intégrer les jeunes filles immigrantes. L’organisme est aussi à l’origine de la première troupe de jeunes guides juives. Les activités du YWHA se déroulaient dans l’édifice de l’Institut Baron de Hirsch, dont il existait des succursales dans les rues Saint-Urbain, Saint-Charles-Borromée (aujourd’hui la rue Clark) et Papineau.
Au cours des années 1930 et 1940, les deux «Y» sont demeurés très actifs : ils offraient aux jeunes Juifs des classes de danse, des concerts et des activités de scoutisme. Ces institutions abritaient aussi les « Y Minstrels », qui présentaient des spectacles pour soutenir le moral des combattants pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le « Y Soldiers Corner », qui offrait des distractions aux hommes sous les drapeaux.
Suivant la migration de la communauté juive vers l’ouest de la ville, les deux «Y» réunis déménagèrent en 1950 à l’emplacement qu’ils occupent aujourd’hui dans l’avenue Westbury. Au cours des années 1960 et 1970, les activités des «Y» ont continué de croître, notamment grâce à la création, en 1962, du «Y Country Camp» dans les Laurentides. Ainsi, ces institutions ont continué d’accueillir de nouveaux immigrants juifs. Depuis 1971, le Centre communautaire juif travaille en coopération avec le «Y» pour offrir des services culturels et des activités récréatives à une communauté sépharade en expansion.
En 2000, l’organisme fut renommé officiellement le Centre communautaire juif Ben Weider, afin d’honorer le célèbre culturiste qui a soutenu l’institution. En 1948, l’institution a accueilli la moitié du club olympique canadien de basketball et en 2002, elle a accueilli les Maccabiades. Aujourd’hui, le «Y» possède un centre d’entraînement complet ; de plus, il est le port d’attache du club de course Wolf Pack, dirigé par le survivant de l’Holocauste Wolf Bronet. En 1986, le «Y» a ouvert une succursale dans le but de desservir le West Island.
Le Centre Saidye Bronfman (aujourd’hui le Centre Segal pour les arts de la scène) a été affilié au YM-YWHA jusqu’en 2007. Depuis 1967, le Centre abrite le théâtre yiddish de Dora Wasserman, qui s’est mérité une réputation internationale. Au cours des dernières décennies, le Centre Segal est devenu une institution indépendante sous le parapluie de la Fédération CJA ; il sert de centre d’art polyvalent et de centre éducatif.
Par Marian Pinsky, traduit par Chantal Ringuet.
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