Dans les années qui ont suivi l'inauguration de l'Hôpital Général Juif (HGJ) à l'automne 1934, le financement de l'hôpital a augmenté considérablement afin de répondre à un besoin urgent d'expansion. En 1943, le Conseil d’administration de l'HGJ élaborait les plans de construction d’un futur bâtiment pour accueillir l’école de formation et la résidence du personnel infirmier, un projet en cours depuis 1936. Le projet d’agrandissement de l’hôpital a débuté le 6 octobre 1948 avec la construction d’un bâtiment ajouté à l’aile est. Suite à l’ouverture de la nouvelle aile en 1950, l'École des sciences infirmières de l'HGJ et la résidence ont officiellement ouvert leurs portes, en 1951. Cette école était connue comme étant la « seule école de formation infirmière canadienne sous les auspices juifs ». L'École des sciences infirmières nouvellement incorporée à l'HGJ allait enfin pouvoir répondre au manque de personnel infirmier tout en offrant plus d’opportunités aux aspirants infirmiers de la communauté juive, puisqu’à cette époque, plusieurs écoles au Canada ne voulaient pas les accepter.
Lorsque l'École des sciences infirmières a commencé son recrutement en 1951, les demandes de candidatures étaient ouvertes aux femmes de toutes religions et races confondues. Pour être sélectionné à l'École des sciences infirmières, les aspirants devaient respecter des critères d'admission stricts tels qu’être âgés entre 18 et 35 ans, satisfaire aux qualifications requises et posséder une santé mentale et physique adéquates. Une fois les demandes de candidature soumises, elles étaient examinées et évaluées à l’Université McGill. Ensuite, les candidates retenues devaient passer un test de personnalité standardisé ainsi qu’un test d'aptitude afin d’être acceptées dans le programme. Pour obtenir leur diplôme de l'École des sciences infirmières de l'HGJ, les étudiantes devaient maintenir des résultats scolaires élevés tout au long du programme, qui s’étirait sur 3 ans d'études obligatoires. Durant ces années d’études, les étudiantes devaient travailler 44 heures par semaine, le travail incluant des conférences, des films, des séminaires, des pratiques en laboratoire et des pratiques au chevet des patients. De plus, les élèves devaient suivre des cours de nutrition, de chimie, d’anatomie, de physiologie, de psychologie, d’éthique, de sociologie, de soins médicaux et de pratiques d’hygiène.
Dans la résidence de l’école, les étudiantes devaient se conformer à des normes de conduite strictes sanctionnées par l'École des sciences infirmières. Par exemple, les dortoirs devaient être bien entretenus, l’utilisation de l'électricité et des douches était interdite après 23h et aucun bijou n’était permis pendant les heures de travail, à l'exception d’une bague de mariage et d’une montre. En outre, si une étudiante voulait quitter la résidence et passer la nuit à l’extérieur, elle devait obtenir une autorisation de congé du bureau administratif. Si une étudiante infirmière omettait de se conformer à l’un des règlements mentionnés dans le manuel de résidence, elle risquait d'être renvoyée de l’école. La résidence à l'HGJ permettait d’héberger les étudiantes dans des chambres individuelles équipées d'un mobilier intégré et d’un service d’eau courante chaude et froide. La résidence était aussi équipée de salles de classe climatisées, d’une salle commune, d’une petite cuisine, d’une bibliothèque et d’un auditorium. Souvent, l'auditorium était utilisé pour des danses et autres événements en dehors des heures de cours. Après les heures de travail et de cours, les élèves pouvaient s’occuper grâce à un large éventail d’activités et loisirs offerts par l'hôpital, tels un patio sur le toit pour s’étendre au soleil, des terrains de tennis et des patinoires. Les étudiantes recevaient également une inscription gratuite au YM-YWHA qui leur donnait accès à davantage d’activités intérieures durant toute l'année. Au fil des années, l'École des sciences infirmières établit ses propres traditions, telles que des bals, des fêtes, la production d’annuaires d’étudiantes, des cérémonies d’obtention du diplôme, des cérémonies de remise de médailles, des tournois sportifs et des excursions annuelles de ski.
En 1969, l’école d’infirmières accueillit sa dernière cohorte d’élèves infirmières, et à partir de 1970, l’éducation des infirmières fut offerte au CEGEP ou à l’université. En rétrospective, l’École des sciences infirmières de l’HGJ était bien plus qu’un établissement d'enseignement. Elle était une demeure remplie de bons souvenirs, d’amitiés, d’expériences d'apprentissage et de travail acharné.
Par Christophe Devos
Sources
Wright, Alexander. Our Tribute Everlasting: 50th Anniversary, Sir Mortimer B. Davis Jewish General Hospital, 1934-1984. Montreal: Sir Mortimer B. Davis Jewish General Hospital, 1984.
Regenstreif, Michael. Our History of Family Medicine: The Herzl Family Practice Centre and Department of Family Medicine of the Sir Mortimer B. Davis Jewish General Hospital, Montreal, Quebec, 1912-1994. Montreal: Sir Mortimer B. Davis Jewish General Hospital, 1994.
Memoirs of Mercy: History of the Women's Auxiliary's Service, 1936-1960. Ed. Sylvia Raff. Montreal: Women's Auxiliary, Jewish General Hospital,1962.
*Les images proviennent des Archives de l’Hôpital general juif and des Archives de la Bibliothèque publique juive.
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