Naïm Kattan - Cercle juif de langue française - Canadian Jewish Congress

1970 - -0001

Auteur, critique littéraire et professeur établi à Montréal, Naïm Kattan (1928-) est né à Bagdad, en Iraq, à une époque où la ville était marquée d’une forte présence juive. Après avoir entrepris des études de droit à l’Université de Bagdad, il obtient en 1947 une bourse du Gouvernement français pour étudier la littérature à l’Université Paris I – La Sorbonne. Fuyant la montée du nationalisme arabe et de l’antisémitisme, il décide d’émigrer au Canada en 1954, à l’instar de nombreux Juifs des pays arabes.

À Montréal, où la communauté juive est majoritairement anglophone (1950-1970), il réalise que celle-ci intègre avec difficulté les nouveaux immigrants de langue française. Fait à signaler, cette situation a changé depuis : la communauté est dorénavant bilingue. À titre d’auteur, Kattan a publié une trentaine livres en français, dont plusieurs romans à caractère autobiographique, tels Adieu, Babylone (1975), Les Fruits arrachés (1977) ou La Fiancée promise (1983). Traduites dans plusieurs langues, ses œuvres abordent des sujets tels la différence culturelle, l’exil, l’appartenance et la nostalgie des origines. Kattan fut actif au sein du Cercle juif de langue française, le premier groupe culturel juif francophone au Canada, créé au début des années 1950 par le Congrès juif canadien. Dans ce contexte, il fonda le Bulletin du Cercle juif, une publication des actualités de la communauté juive, et participa au rapprochement des communautés juive et francophone du Québec. Kattan exerça ensuite le métier de critique littéraire pour le journal Le Devoir, puis il dirigea le Service des lettres et de l'édition du Conseil des Arts du Canada durant près de vingt-cinq ans. Au cours de sa carrière, il reçut plusieurs distinctions, dont l’Ordre du Canada, l’Ordre du Québec et le J. I. Segal Award for Literature.

.

En raison de son succès, Naïm Kattan est une figure emblématique dans la communauté sépharade de Montréal. Sa contribution à la littérature québécoise fut importante : son point de vue à la fois original et internationaliste fit découvrir aux Québécois la diversité de la communauté juive qu’ils côtoient.

Par Valérie Beauchemin.


Sources

Kattan, Naïm. Voices of Canadian Jews: Thirty-six Accomplished Men and Women Speak Out on Politics, Patriotism, Religion and Sex. Bryan M. Knight, et Rachel Alkallay. Montreal : The Chessnut Press. 1988. 151-166.

Ljiljana, Matic. « Naïm Kattan: Écrivain de passage et passeur de cultures. »  Pierre Morel (dir.) Parcours quebecois : introduction à la litterature du Quebec, Bucarest : Cartier. 2007

Hodgson, Richard G. "Naim Kattan (26 August 1928-)." Canadian Writers Since 1960: First Series. William H. New. (dir.) 53. Detroit: Gale, 1986. 238-240. Dictionary of Literary Biography v.53. Dictionary of Literary Biography Complete Online.

« Naïm Kattan » L'Encyclopedie canadienne.

Smith, Mackay L. Jews of Montreal and Their Judaism : A Voyage of Discovery. Montreal : Aaron Communications. 1998.

*Les images proviennent des Archives du Congrès juif canadien, Comite des charites, et des Archives de la Bibliothèque publique juive.

Images

Adresse

1590 Dr. Penfield, Montréal

Carte interactive aux coordonnees 45.4964697, -73.5864246.

Expositions et histoires reliees

Categories