New World Club

1951 - 1951

Deux organisations communautaires créées après la Seconde Guerre mondiale, le New World Club et le New Canadian Club, avaient pour mission d’aider les survivants de la Shoah qui avaient émigré à Montréal à faire face aux difficultés et aux tensions ressenties dans leur nouvel environnement. À la suite du traumatisme qu’ils avaient vécu durant la guerre, les survivants étaient confrontés à un bon nombre de différences entre le Canada et les pays d’Europe de l’Est dont ils étaient issus. À plusieurs reprises, ils se sont heurtés à une communauté juive locale qui ne savait comment les intégrer. Bien que cette communauté ait tenté de les aider en leur fournissant une aide sociale et économique (grâce à des organisations telles que la Société d’aide aux immigrants juifs), elle a toutefois sous-estimé la tâche complexe et difficile que leur intégration psychologique représentait. Comme plusieurs Juifs nord-américains ressentaient un embarras profond à l’endroit de l’Holocauste, au point où ils évitaient d’aborder cette question en public, les survivants étaient parfois traités de manière insensible, voire ostracisés au sein de la communauté. Le New World Club, le New Canadian Club et d’autres organisations similaires ont alors été fondées pour aider les réfugiés durant leur période de transition. On souhaitait alors qu’ils se sentent moins seuls et plus confiants au moment de leur arrivée au Canada.

Le New World Club a été fondé par deux Juifs allemands, les Dr Reichman et Pfeifer. Lors de leur arrivée au pays, en 1940, ceux-ci ont été internés par le gouvernement canadien. Paradoxalement, ils ont été considérés comme des prisonniers de guerre allemands, alors que leurs coreligionnaires étaient massacrés par l’État qu’ils étaient accusés d’appuyer. Les deux hommes ont été relâchés en 1943, après que le gouvernement canadien ait déclaré avoir la conviction qu’ils étaient des victimes du nazisme, et non des complices de cette idéologie. Une fois la guerre terminée, les deux hommes ont fondé le New World Club. L’organisation, qui allait accueillir ensuite plus de 200 membres, a servi de club social et de lieu d’appui pour les immigrants récents. Ses membres se rencontraient à l’occasion de danses, de conférences, de récitals de poésie et de rencontres informelles. Plusieurs personnes ont ainsi rencontré leur future épouse et des amis proches lors de ces activités. Après quelques années difficiles à Montréal, les survivants de l’Holocauste, en particulier, ont découvert qu’ils pouvaient mener une vie sociale satisfaisante dans ce milieu. Le New World Club cessa ses activités en 1951, après avoir atteint son objectif principal à Montréal et ailleurs au Canada. Le New Canadian Club, une branche du Young Men’s – Young Women Hebrew Association (YM-YWHA), a fonctionné pendant seulement deux ans, de 1947 à 1948. Cette organisation a publié un périodique intitulé New Life qui diffusait des textes en anglais et translittérés en yiddish.

Après New York et Tel-Aviv, Montréal est aujourd’hui la troisième ville qui accueille une importante population de réfugiés de l’Holocauste. Plusieurs d’entre eux ont fait une contribution importante à la communauté juive de Montréal et à la société en général. Les survivants de l’Holocauste jouent toujours un rôle significatif dans les domaines de l’éducation à l’Holocauste et de la prévention des génocides. On les rencontre dans les écoles, au sein des groupes communautaires et au Centre commémoratif de l’Holocauste, où ils appuient les rencontres annuelles qui commémorent d’importants événements.

Par Richard Kreitner, traduit par Chantal Ringuet.


Sources

Bialystok, Franklin. Delayed Impact: the Holocaust and the Canadian Jewish Community. Montreal: McGill-Queens University Press, 2000.

Diner, Hasia R. We Remember with Reverence and Love: American Jews and the Myth of Silence After the Holocaust, 1945-1962. New York: New York University Press, 2009.

Dinnerstein, Leonard. America and the Survivors of the Holocaust. New York: Columbia University Press, 1982.

Giberovitch, Myra. The Contributions of Montreal Holocaust Survivor Organizations to Jewish Communal Life. Montreal: McGill University, 1989.

Novick, Peter. The Holocaust in American Life. Boston: Houghton Mifflin, 1999.

Sheftel, Anna and Stacey Zembrzycki. “‘We Started Over Again, We Were Young’: Postwar Social Worlds of Child Holocaust Survivors in Montreal.” Urban History Review 39 (2010): 1.

*Les images proviennent des Archives nationales du Congrès juif canadien, Comite des charites et des Archives de la Bibliothèque publique juive.

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5215 Waverly, Montréal

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