Samuel William Jacobs - Cabinet juridique

1901 - 1908

Un avocat influent et un député à la Chambre des Communes durant plus de vingt ans, Sam Jacobs (1871-1938) fut l’un des plus ardents défenseurs de la communauté juive du Québec. Pendant la montée du nazisme en Europe durant les années 1930, il lutta pour que le Canada accueille les Juifs d’outre-mer. Malheureusement, cette lutte aboutit à un échec.

Jacobs obtint son diplôme en droit de l’Université McGill en 1893. À une période où il était difficile pour les Juifs de se tailler une place dans ce domaine, il se consacra au droit criminel et au droit civil et il fut engagé dans des causes célèbres au Québec. Par exemple, il défendit l’étudiant Pinsler contre la Commission scolaire protestante de Montréal en 1903 (Pinsler s’était alors fait refuser une bourse d’études de manière injustifiée). Jacobs fut aussi impliqué dans le procès Plamondon : en 1910, il devint le principal avocat de la communauté juive dans la cause contre Jacques-Édouard Plamondon, dont les discours antisémites avaient entraîné des actes de violence à l’endroit des commerçants juifs de la ville de Québec. De plus, il défendit les droits civils de ses coreligionnaires et encouragea ceux-ci en engageant de jeunes avocats juifs dans son cabinet.

En 1897, Samuel William Jacobs et Lyon Cohen cofondèrent le Canadian Jewish Times, un mensuel qui publia des éditoriaux de Jacobs durant plusieurs années. Ce journal visait la défense des droits des citoyens juifs au Canada. Il présentait toutefois le point de vue de l’establishment des Juifs à l’aise de l’Uptown, qui souhaitaient encourager les nouveaux immigrants juifs de langue yiddish à s’assimiler rapidement. En 1917, Jacobs fut élu à la Chambre des Communes du Parlement canadien sous l’égide du Parti libéral de Laurier dans la circonscription de Cartier. Pendant de nombreuses années, il demeura le seul député juif. Dans l’exercice de ses fonctions, il défendit les droits des minorités, dont les droits des Juifs ; il combattit l’antisémitisme et fit campagne auprès des membres du Parlement pour s’opposer aux mesures contre l’immigration juive. En ce sens, au cours des années 1920 il lutta ardemment pour l’immigration des Juifs d’Europe de l’Est au Canada en s’impliquant dans la Jewish Immigrant Aid Society. À la décennie suivante, marquée par la montée du nazisme en Europe, il exerça de fortes pressions contre la politique de Mackenzie King pour que les mesures visant à refuser les immigrants juifs soient abandonnées.

Au cours de sa carrière, Sam Jacobs dirigea deux organismes juifs importants: The Baron de Hirsch Institute (1912 à 1914), puis le Congrès juif canadien (1934 à 1938). Enfin, il participa à la création de la Hebrew Free Loan Society.

Par Valérie Beauchemin.


Sources

Figler, Bernard. Sam Jacobs Member of Parliament. Ottawa: Harpell’s Press, 1970.

Gordon, Judy. Four Hundred Brothers and Sisters: The Story of Two Jewish Orphanages in Montreal, Quebec, 1909-1942. Toronto: Lugus Publications, 2002.

Nigro, Mario et Clare Mauro . “The Jewish Immigrant Experience and the Practice of Law in Montreal, 1830 to 1990.” McGill Law Journal 44 (1998-1999): 999-1046.

Sylvio, Normand. « L’Affaire Plamondon: Un cas d’antisemitisme à Quebec au debut du XXe siècle. » Cahiers de Droit 48 (2007): 477-504.

Taschereau, Sylvie. «Échapper à Shylock : la Hebrew Free Loan Association of Montreal entre antisemitisme et integration, 1911-1913.» Revue de l’histoire de l’Amerique française 59.4 (2006): 451-480.

Tulchinsky, Gerald. Canada’s Jews: A People’s Journey. Toronto: University of Toronto Press, 2008.

*Les images proviennent de la Congregation Shaar Hashomayim Museum and Archives, du Musee McCord, et des Archives nationales du Congrès juif canadien, Comite des charites.

Images

Adresse

57 St. Jacques, Montréal

Carte interactive aux coordonnees 45.5054425, -73.5573902.

Expositions et histoires reliees

Categories