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Dos Baushtibl

Yevgeniy Fiks

22 septembre – 7 décembre 2025
H. Fisher et Fils.
4129 boul. St-Laurent

Photo:

ÉVÉNEMENTS À VENIR

Yevgeniy Fiks : Discussion et atelier (en anglais)
Dimanche le 30 novembre


ARTISTE

Yevgeniy Fiks


DIRECTRICE ARTISTIQUE
Alyssa Stokvis-Hauer


COMMISSAIRES
Taryn Fleishchmann Austin HendersonAlyssa Stokvis-Hauer

ARTISTES PARTICIPANTS

Asha Thomas-Paskal Ava Berkson

Chava Rosengarten Claudia Bulaievsky

Corbin Allardice Edith McCrea

Ila Novak Kelly Steinmetz Moyshe Schlerf

Rachel Leader Raia Gutman

Ruth Geye Sarah Bindel


INFOGRAPHIE
Austin Henderson


Sérigraphie

Scott Osborne


TRADUCTION

Sebastian Shulman (Yiddish) Sophie Boivin-Joannette (Français)

Des remerciements spéciaux vont à Avia Moore, David Moss, Uri Schreter et Pippa Bartlett pour leur soutien au projet.

Installation collaborative spécifique au site, réalisée par l’artiste conceptuel New-Yorkais Yevgeniy Fiks, Dos Baushtibl s’inspire des principes de Cours préliminaires du Bauhaus pour explorer ce qui peut ou pourrait rendre l’art visuel « yiddish ».

Le yiddish est une langue parlée en majorité par les Juifs ashkénazes, qui mélange allemand, hébreu, slave et d’autres influences linguistiques régionales. À la manière d’autres langues diasporiques juives telles que le ladino (judéo-espagnol), le judéo-arabe ou le judéo-persan, il s’écrit traditionnellement à l’aide de l’alphabet hébreu.

Apparu vers le IXe siècle après J.-C., le yiddish est devenu une langue vivante utilisée dans la vie quotidienne, la littérature et la culture. Au début du XXe siècle, il est parlé par environ 10 à 11 millions de personnes, notamment par d’importantes communautés d’immigrants en Amérique du Nord. Montréal a été l’un des principaux centres yiddish. En 1931, 99 % de sa communauté juive parle le yiddish comme langue maternelle.

Aujourd’hui, le nombre de locuteurs actifs du yiddish est descendu à moins d’un million dans le monde, même si cette langue reste vitale dans certaines communautés et cercles culturels juifs.

Le Bauhaus était une école d’art, de design et d’architecture fondée à Weimar, en Allemagne, en 1919. L’école a introduit une approche moderne et avant-gardiste, soulignant la collaboration entre artistes et artisans, unissant les beaux-arts au design pratique et adoptant les principes de simplicité, de géométrie et de fonctionnalité. La philosophie du Bauhaus visait à apporter de la beauté dans la vie quotidienne grâce à des objets bien conçus et accessibles.

L’école est devenue un centre d’innovation moderniste, avec des artistes influents tels que son fondateur Walter Gropius, Mies van der Rohe, Wassily Kandinsky et Anni Albers qui y enseignaient. Le corps professoral comprenait également des artistes juifs tels que les architectes Marcel Breuer et le peintre/photographe László Moholy-Nagy.

En 1933, les nazis ont forcé la fermeture du Bauhaus, dénonçant ses idéaux internationalistes et avant-gardistes comme « dégénérés ». Plusieurs de ses professeurs ont émigré en Amérique du Nord, où des figures comme Gropius, Moholy-Nagy et van der Rohe ont redéfini l’enseignement de l’art et du design, intégrant les principes du Bauhaus au cœur de la pédagogie de l’art moderne.

Qu’est-ce qu’une ligne yiddish? Une forme yiddish? Une couleur yiddish?What is a Yiddish Line, Yiddish Shape, Yiddish Color?

Présenté sous forme d’atelier, ce projet conceptuel explore les fondements du design bidimensionnel à travers le prisme de la culture yiddish, et plus spécifiquement de la poésie yiddish.

Dos Baushtibl mimics the Basic Course of the Bauhaus, the famed modernist art school in Weimar Germany during the 1920s and ’30s, with its focus on visual fundamentals such as line, shape, form, and color.

À l’époque, l’école comptait plusieurs yiddishophones, principalement au sein de la population étudiante. Dos Baushtibl rend hommage à ce passé tout en visibilisant la présence yiddish au 20e siècle, au cœur même d’un projet d’éducation à la modernité. L’atelier part des principes du Bauhaus pour définir un art visuel foncièrement yiddish.

Le titre du projet, diminutif de Bauhaus en yiddish, évoque et interroge le rapport asymétrique entre la culture yiddish et juive laïque (particulièrement dans les arts visuels) et les grandes traditions de l’art européen.

Où commence l’art visuel yiddish? Vu la place centrale qu’occupe la langue dans la culture yiddish, Dos Baushtibl prend la poésie pour point de départ. Cela dit, le projet transcende le fait littéraire : il reconnaît l’importance de la langue dans la culture yiddish, mais s’inspire de poèmes en yiddish pour produire des œuvres d’art visuel à part entière.

Dos Baushtibl émerge donc au confluent de multiples contradictions :

  1. Premièrement, comment l’art visuel peut-il être yiddish si le yiddish est une langue, d’abord et avant tout?
  2. Deuxièmement, un art visuel à part entière peut-il vraiment naître de la littérature?
  3. Troisièmement, un projet qui prend racine dans la tradition artistique européenne majoritaire peut-il s’en affranchir? Est-il condamné au statut d’épigone provincial, de « petit Bauhaus » yiddish, dans l’ombre de l’établissement légendaire dont il ne sera jamais l’égal?

L’art visuel yiddish peut-il briser l’hégémonie – celle de la tradition littéraire juive et celle de la tradition européenne dominante? Peut-il s’inspirer des deux tout en affirmant son autonomie et son authenticité?

Dos Baushtibl est une expérience, une quête d’autonomie formelle dans l’art visuel yiddish. Il faut donc revenir à la base, aux véritables fondements de l’art visuel, qui précèdent tout contexte, toute histoire, toute mémoire et tout diktat reçu en héritage.

Retournons au commencement de l’art visuel yiddish : lignes, formes, couleurs.

New-Yorkais né à Moscou, YEVGENIY FIKS est artiste, auteur et organisateur d’expositions. Parmi ses projets, citons A Gift to Birobidzhan, Landscapes of the Jewish Autonomous Region et Himl un erd (Yiddish Cosmos), qui ont été exposés chez 2B Galeria (Budapest), à la g[SO1] alerie Sator (Paris), chez Critical Practices Inc. (21ST.PROJECTS[SO2] , New York) et chez CCI Fabrica (Moscou). À New York, ses performances Lily Golden, Harry Haywood, Langston Hughes, Yelena Khanga, Claude McKay, Paul Robeson, Robert Robinson on Soviet Jews et Red Kaddish ont été présentées à l’International Print Center ainsi qu’au Museum at Eldridge Street (A Landmark Synagogue Story).

Yevgeniy Fiks est aussi commissaire de plusieurs projets, dont The Wayland Rudd Collection chez Winkelman Gallery (New York) et Floor Gallery Harare (Harare, Zimbabwe), In Edenia, a City of the Future au Yermilov Centre (Kharkiv, Ukraine) avec Larissa Babij, Monument to Cold War Victory à la Cooper Union (New York) avec Stamatina Gregory, et Yiddishland Pavilion à Venise (Italie) et en ligne avec Maria Veits. Il est l’auteur de l’essai programmatique « Yiddish Contemporary Art », paru en yiddish, en anglais, en russe, en hongrois, en biélorusse, en polonais et en slovaque.

Le processus créatif de Yevgeniy Fiks, qui a mené à l’installation in situ Dos Baushtibl ou « le petit Bauhaus », utilise sept exercices créés par l’artiste afin d’explorer qu’est-ce qui peut ou pourrait rendre l’art visuel yiddish ? Chaque exercice est associé à une sélection de poèmes yiddish qui font référence ou évoquent les éléments fondamentaux du design Bauhaus :

  • La ligne
  • Les formes
  • l’espace
  • La forme, les tons et les valeurs
  • Le contraste
  • L’équilibre
  • Les couleurs
  • Le gris

En suivant ces principes de conception, l’esprit de collaboration du Bauhaus et l’importance accordée à l’accessibilité, Fiks a guidé les participants à la retraite estivale de KlezKanada à travers les excercices. Les œuvres d’art qui en ont résulté constituent la base de l’installation. Comme on peut le voir dans la vitrine, les excercices et les réponses artistiques aux thèmes « Ligne, forme, gris et couleur » forment un corpus d’œuvres varié et stratifié. S’y entremêlent les réponses de Yevgeniy à ses propres exercices, ainsi que des instruments et des outils artistiques banals, chacun portant énigmatiquement le nom d’un poète yiddish différent.

Le résultat de cette collaboration n’est pas seulement une invitation à réfléchir à ce qui pourrait rendre une ligne, une forme ou une couleur yiddish, mais aussi une invitation à participer à Dos Baushtibl en réagissant à la poésie et aux exercices eux-mêmes.

En tant qu’œuvre in situ, Dos Baushtibl fait aussi fonction en quelque sorte de portail vers l’histoire yiddish de Montréal et du Plateau. Montréal est depuis longtemps un centre culturel yiddish, avec de nombreux écrivains de renom (dont des poètes comme A.M. Klein, Chava Rosenfarb et Melech Ravitch présentés dans Dos Baushtibl), des penseurs (Ida Maze, J.I. Segal) et des militants (Léa Roback, Hirsch Hershman) liés à ce quartier. Du début au milieu du XXe siècle, la boutique de couture H. Fisher & Fils se trouvait au cœur d’une communauté immigrée dynamique, multilingue et majoritairement juive. Le yiddish était entendu à presque tous les coins de rue, visible sur les enseignes et présent dans les vitrines des magasins tout le long du boulevard Saint-Laurent. Grâce au travail de Yevgeniy et de ses collaborateurs, un peu de l’art yiddish fait son retour sur la Main.

Dos Baushtibl continue le programme d’installations artistiques publiques dans la Fisher Vitrine qui s’inspire de la culture et du patrimoine juifs en lien avec cette célèbre rue commerçante et la ville qui l’accueille.

Logo du Collaboratif des arts du Montreal juif

Cette installation a été réalisée sous le programme du Collectif des arts du Montréal juif (CAJM), rendu possible grâce au soutien de la Fondation de la famille Averbach, de CANVAS, de la Fondation Azrieli et de la Fondation canadienne des relations raciales.

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KlezKanada